L’état d’âme des Québécois

Je débute aujourd’hui une série de quatre billets portant sur les résultats de la plus vaste enquête sociale jamais réalisée au Québec. Je vous invite ainsi à découvrir avec moi le vrai visage du Québec en commençant par cette courte vidéo.

Axe 1 : L’état d’âme des Québécois

Au Québec, le quart des jeunes se sentent seuls. Près de la moitié de la population préfèrerait vivre à une autre époque que la nôtre. La peur de développer une maladie mentale atteint une personne sur cinq. Internet est perçu comme un facteur aggravant l’isolement.

Autant d’informations précieuses qu’Hebdos Québec dévoile aujourd’hui, données recueillies avec le souci de connaître davantage les 4 millions de personnes qui, chaque semaine, lisent le journal hebdomadaire de leur communauté.

La firme Léger Marketing a été mandatée pour évaluer l’opinion publique québécoise à propos de plusieurs enjeux et faits de société dans le cadre de la 3e édition de l’enquête sociale Découvrez le vrai visage du Québec. La cueillette des données s’est déroulée entre le 30 avril et le 29 juin 2011, auprès de 29 016 adultes de 18 ans et plus, vivant dans 150 localités.

L’état d’âme des Québécois est le premier de quatre volets scrutés par cette vaste enquête.

Se sentir seul dans la vie

Le temps passe à un rythme effréné, le quotidien est rempli d’obligations prenantes. Dans cette spirale de la vie, une personne sur six au Québec dit se sentir seule.

Vous arrive-t-il de vous sentir seul dans la vie?

Source: Enquête "Découvrez le vrai visage du Québec - 3e édition". Tous droits réservés 2011. Hebdos Québec inc.

Contrairement à ce que nous pourrions croire, ce ne sont pas les personnes âgées qui sont les plus sujettes à la solitude, mais bien les jeunes. L’enquête Découvrez le vrai du visage du Québec  démontre que 23 % des 18-29 ans se sentent seuls dans la vie. Chez leurs aînés de 60-69 ans, cette proportion baisse à 11 %, alors que chez les 70 ans et plus, elle atteint 10 %.

Les Montréalais (18 %) sont ceux qui s’estiment les plus esseulés. Suivent de près les régions du Bas-Saint-Laurent et du Saguenay – Lac-Saint-Jean (16 % respectivement).

Il n’est donc pas étonnant que dans l’esprit de près de la moitié des Québécois (40 %), Internet contribue à nous isoler de notre entourage. Les régions du Nord-du-Québec (47 %), de Lanaudière (44 %) et de la Côte-Nord (43 %) sont celles où les répondants voient en plus grand nombre la toile comme un outil qui esseule.

Selon-vous, est-ce que le fait de passer beaucoup de temps sur Internet contribue à nous isoler de notre entourage?

Fait étonnant, ce sont les adultes d’âge mur, les 40-59 ans, qui estiment dans une plus forte mesure (47 %) qu’Internet nous isole de notre entourage. On remarque par ailleurs que les gens qui considèrent qu’Internet contribue à l’isolement se sentent plus seuls dans la vie que les autres, en avouant à 59 % se sentir seuls tout le temps.

À l’opposé, 21 % des Québécois attribuent à Internet des propriétés facilitant les relations interpersonnelles avec l’entourage. À l’échelle de la province, ce sont les habitants de Laval (26 %), de la Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine (25 %) et de l’Estrie qui reconnaissent au web le plus de vertus rassembleuses. Chez les jeunes de 18-29 ans vivant en Estrie et en Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine, les proportions grimpent même à 34 % et 33 %, ce qui tranche de façon importante avec leur aveu de solitude dévoilé ci-haut. Notons que les personnes de plus de 70 ans semblent sur la même longueur d’onde que leurs cadets, mais que la taille de l’échantillon nous porte à émettre quelques réserves.

La dure réalité de notre époque

Pour plusieurs, le début de ce siècle est une période palpitante, tant technologiquement que socialement. D’autres vous diront plutôt que notre époque déboule à un rythme si effréné qu’elle leur convient peu. C’est le cas de 13 % des répondants de l’enquête Découvrez le vrai visage du Québec. Ces personnes estiment qu’elles ont souvent ou tout le temps de la difficulté à vivre avec notre époque. 

C’est principalement le cas dans les régions des Laurentides (17 %), de Montréal (15 %) et de la Mauricie (14 %). Des cinq localités (sur les 150 couvertes par la présente enquête) où les répondants se disent le moins en harmonie avec l’époque, trois appartiennent même au territoire de la Ville de Montréal : Nouveau-Bordeaux/Cartierville (26 %), Villeray (23 %) et Hochelaga-Maisonneuve (23 %). C’est donc dire que le bonheur se trouve fort probablement en région, car les personnes vivant le mieux avec leur époque se trouvent à Forestville/Les Escoumins, Alma-Métabetchouan et à Amos (4 % chacune).

Lorsqu’ils sont invités à choisir parmi quatre époques fort différentes de l’histoire, 43 % des Québécois préfèrent tout de même le début du XXIe siècle à toute autre période. C’est particulièrement le cas au Saguenay – Lac-Saint-Jean (49 %), en Abitibi-Témiscamingue et à Québec (47 %). Fait inusité, ce sont principalement les personnes de plus de 50 ans qui choisissent l’époque actuelle. Le pourcentage le plus élevé est d’ailleurs observé chez les 60-69 ans du Saguenay – Lac-Saint-Jean.

Les années 1960 et 1970 récoltent à 19 % la faveur des répondants. Les habitants du Nord-du-Québec (26 %), de la Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine (23 %) et de la Côte-Nord (22 %) sont ceux qui s’avouent les plus intéressés à reculer l’échelle du temps d’une cinquantaine d’années. Ces régions vivant principalement de l’exploitation des ressources (marines, hydroélectriques, minières et forestières), on peut possiblement dégager une corrélation entre le désir exprimé et le fait que ces décennies ont représenté une période faste pour le secteur primaire de l’économie. Jumelée à l’ensemble des bouleversements de la Révolution tranquille, cette période charme l’imaginaire des 18-29 ans en plus forte proportion.

Loin derrière, les années folles (1920) et le Moyen-Âge (500 à 1500) ont quant à elles recueilli respectivement 5 % et 3 % des voix.

Globalement, 48 % des Québécois aimeraient vivre à une autre époque qu’actuellement. Cette donnée semble traduire à la fois une « fantaisie » et un certain mal de vivre et il est connu qu’à travers les époques, a toujours existé une certaine nostalgie du passé!

La peur de la maladie mentale
Partout, on prédit que les maladies mentales comme la dépression ou le burn-out (épuisement professionnel) seront les fléaux du siècle. Bonne nouvelle cependant : 38 % des Québécois ne sont aucunement effrayés par la possibilité de développer de telles maladies. Les habitants du Nord-du-Québec (62 %), de Chaudière-Appalaches (42 %) et de l’Abitibi-Témiscamingue (41 %) sont ceux qui se disent les moins anxieux à l’idée d’être frappés par ce type de maladie.

Mieux encore, 12 % des répondants s’estiment carrément à l’abri de développer une maladie mentale au cours de leur vie. Les plus convaincus se trouvent à Ville Mont-Royal (29 %), à Cowansville/Bromont/Sutton (22 %) et Pessisville/Princeville (20 %).
Reste toutefois que pour une partie de la population, les maladies mentales continuent à être une hantise. À cet effet, quelque 7 % des Québécois craignent d’un jour être touchés par un burn-out. Les groupes les plus inquiets à cette idée sont les 30-39 ans habitant la région Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine (21 %) et les gens dans la quarantaine de la région de Laval (19 %). Fait à souligner, aucun répondant de Ville Mont-Royal ou de Chibougamau ne craint le burn-out.

Quand il est question de dépression, l’inquiétude des Québécois est un peu plus palpable. La peur de développer cette maladie mentale au cours d’une vie touche ces derniers à 14 %. C’est en Mauricie (16 %) et à Laval (16 %) que les gens sont le plus préoccupés par cette question. Dans cette dernière région, ce sont les 50-59 ans qui ont une peur accrue de la dépression, avec 22 % de réponses affirmatives. Encore une fois, les gens de Chibougamau sont les moins inquiets, avec seulement 2 %. La palme d’inquiétude revient à l’agglomération Chicoutimi/Jonquière/La Baie, à 29 %.

Enfin, 18 % des répondants craignent de développer à un moment de leur vie soit un burn-out, soit une dépression. Pis encore, 45 % des résidants de la Côte-Nord âgées entre 18 et 29 ans ont peur d’être frappés par l’une ou l’autre de ces maladies. Cette appréhension est également importante chez les 30-49 ans de l’Outaouais. Les individus qui se sentent les plus seuls démontrent une plus grande peur de développer au cours de leur vie une maladie mentale. Ceux-ci ont avoué craindre à 27 % de développer un burn-out ou une dépression au cours de leur vie.

Les relations de couple au beau fixe
L’amour et la vie à deux resteront toujours des sujets de prédilection. L’enquête Découvrez le vrai visage du Québec  révèle d’ailleurs qu’une bonne proportion des Québécois sont heureux en ménage. À 63 %, ils qualifient la qualité de leur relation de couple de bonne ou excellente.

Le secret d’une vie heureuse à deux se trouve probablement en Abitibi-Témiscamingue, alors que les 30-39 ans sont les plus satisfaits de leur relation de couple (80 %). En jetant un coup d’œil au tableau des localités, on constate que les habitants de Plessisville/Princeville (76 %), de Louiseville/Saint-Alexis-des-Monts/Yamachiche, Maniwaki et Vaudreuil-Dorion (75 % chacun) ont également découvert la potion du bonheur en amour.

Les plus insatisfaits de leur vie à deux sont sans aucun doute dans les Laurentides, puisque le plus fort taux d’insatisfaction (10 %) est enregistré dans les localités de Sainte-Agathe, Sainte-Adèle et de Saint-Sauveur.

Précisons que le célibat, par choix ou par obligation, touche 24 % des Québécois et 34 % des jeunes de 18-29 ans.

La suite…
Ne manquez pas le prochain volet de l’enquête Découvrez le vrai visage du Québec, qui traitera de la culture et de la tolérance des Québécois.

 

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